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Rencontre avec Francis Teitgen


Portrait photo de Francis Teitgen, ancien Bâtonnier de l'Ordre, avocat associé chez Teitgen et Viottolo

J'ai eu la chance de rencontrer le Bâtonnier Francis Teitgen, associé du cabinet Teitgen&Viottolo, nous avons pu ensemble évoquer les complémentarités du métier d'avocat et du métier de médiateur. Je vous laisse découvrir cette interview.


Comment percevez-vous le métier de médiateur et sa complémentarité avec celui d’avocat ?

Pour moi, le bon médiateur est celui qui est capable d’appliquer la méthode de la maïeutique. Il lui faut donc une grande capacité d’écoute et une aptitude à gérer la médiation de sorte que les parties s’approprient une solution qui était celle envisagée par le médiateur mais qu’il n’a jamais cherché à imposer.

L’avocat est un juriste dont le seul objectif est de faire triompher l’intérêt de son client. Le médiateur doit ignorer la science juridique pour se consacrer avec impartialité à l’équilibre de la solution pour chacune des parties. Ils sont a priori incompatibles l’un avec l’autre mais en réalité se satisferont tous les deux dès lors qu’une solution sera atteinte au moindre coût, dans tous les sens du terme, pour les parties.

C’est un duo. Chacun joue de son instrument avec sa partition mais leur contribution commune doit aboutir à un ensemble harmonieux.


Avez-vous expérimenté des collaborations lors de médiation ? Comment voyez-vous le rôle de l’avocat pendant les médiations ?

Il m’est arrivé souvent de participer en qualité d’avocat à des médiations. Si certaines ont échoué, c’est la plupart du temps parce que les parties n’étaient pas fondamentalement volontaires pour parvenir à un accord. Mais de nombreuses ont réussi. Je dois dire ici que le talent du médiateur y est pour beaucoup.

Au cours de la médiation, l’avocat doit d’abord s’assurer du respect du droit ce qui est l’essence même de sa fonction de conseil.

Il doit encore apprécier si la solution vers laquelle s’achemine la médiation est conforme aux intérêts de son client. Cela ne veut simplement dire qu’elle est acceptable d’une part au regard des issues possibles par l’application d’autres méthodes de résolution des conflits, notamment le procès, et, d’autre part, que la médiation a permis de l’atteindre avec le meilleur bilan coût/résultat possible.


En quoi un partenariat avocat/médiateur vous semble utile/fructueux ? Quels avantages aux clients en retireraient ?

La formulation de votre question pose très clairement la problématique. C’est à l’aune de l’intérêt du client, et de lui seul, qu’il convient d’analyser l’opportunité d’un partenariat avocat/médiateur.

En premier lieu, un partenariat, qui implique nécessairement l’idée de connaissance réciproque, aurait l’avantage d’inciter plus souvent les avocats à recourir à la médiation. Cette dernière est la plupart du temps imposée par les magistrats. Si c’est un premier pas, il recèle en lui-même ses propres limites : pour que la médiation réussisse, il faut que les parties soient profondément et authentiquement persuadées qu’une issue amiable est possible. L’injonction du juge ne garantit pas que cette condition est remplie. Par ailleurs, les juges sont souvent limités dans le choix du médiateur. Or, la qualité du médiateur est, je l’ai dit, cruciale dans la réussite de la médiation.

En second lieu, l’intérêt du partenariat évoqué tient à la bonne compréhension mutuelle de la contribution de chacun à la réussite de la médiation. Maïeutique, la médiation n’est possible que si chacun des acteurs comprend le rôle qu’il doit remplir lors du déroulement des opérations.

Ainsi, le partenariat aurait l’intérêt, s’il remplit les objectifs ci-dessus décrits, de permettre aux clients d’aboutir via la médiation à une solution que, peut-être, un autre mode de règlement des différends n’aurait pas permis d’atteindre. C’est en tout cas le vœu que je forme.


Que pensez-vous du positionnement de « libre, entreprendre l’esprit libre » ?

Ce positionnement me paraît excellent et excellemment résumé dans le titre.

Les parties à la médiation sont nécessairement des entrepreneurs : de leurs affaires, de leur famille, de leur vie…

Une entreprise ne peut réussir que si l’entrepreneur est libre d’esprit c’est-à-dire qu’il est capable d’envisager tous les méthodes et les chemins pour aboutir au succès de son entreprise. Lorsque l’entreprise est une médiation, la liberté d’esprit que le médiateur doit être capable d’insuffler aux participants, avocats ou tout autre intervenant est la clé de son aboutissement.


Francis Teitgen est ancien Bâtonnier de l'Ordre des avocats de Paris.

A l'issue de son mandat, il a dirigé pendant 4 ans le groupe multimédias Sipa - Ouest France, ce qui lui a permis d'acquérir une excellente connaissance de la vie de l'entreprise. Il a également été associé du cabinet Weil Gotshal & Manges avant de fonder son propre cabinet dédié au contentieux des affaires. Francis Teitgen intervient devant toutes les juridictions civiles, commerciales et pénales, ainsi que devant les juridictions arbitrales et disciplinaires. Il est, par ailleurs, fréquemment désigné en qualité d'arbitre.


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